PURETE CRISTALLINE
AVERTISSEMENT: CERTAINS PASSAGES DE CE MANUSCRIT SONT DE NATURE A HEURTER LA SENSIBILITE DE CERTAINS: JEUNES LECTEURS ET AMES SENSIBLES S’ABSTENIR!
Bonjour, je m’appelle Alicia. J’ai vingt cinq ans, suis brune aux cheveux longs et j’ai des yeux verts en amande. Je mesure un mètre quatre vingt cinq. Oui, en passant dans la rue beaucoup me prennent pour un mannequin, ce qui est loin d’être le cas!
J’ appuie à fond sur l’accélérateur de mon superbe bolide rouge. Le moteur de ma Corvette est poussé à plein régime et je dépasse une Porsche noire.
Après une magnifique queue de poisson, je laisse littéralement sur place l’autre véhicule qui klaxonne furieusement . Amusée, je lui répond.
J’ emprunte ensuite à très vive allure un sentier étroit. Le virage maîtrisé, mon véhicule est stoppé net au frein à main au seuil d’un magnifique château, ma demeure principale.
Sur excitée j’ entre en courant et je lance mes clés de voiture dans le canapé puis je me rend dans une pièce au plafond très haut. Il s’agit en fait d’une immense piscine couverte. Je porte une simple robe, très courte, rouge vif qui fait d’avantage ressortir la couleur de mes yeux.
Arrivée au bord du bassin, je scrute l’eau. Apparemment comme je l’ai demandé la veille, la personne chargée de l’entretient de la piscine est passée l’as nettoyer. Un bruit de moteur surpuissant suivit de crissements de pneus me font sursauter.
-= Mince, ils sont déjà là!
Effectivement, la Porsche noire fait irruption dans la cour de la somptueuse demeure et se gare à côté de la Chevrolet.
Je retire juste mes minuscules escarpins et plonge toute habillée dans l’eau. Lorsqu’ enfin je ressort la tête de l’eau, mes poursuivants sont là, assis bien tranquillement au bord de la piscine. Je bascule la tête en arrière et lisse ma magnifique chevelure.
La petite robe rouge colle à mon corps. Je sais parfaitement que mon arme de poing dissimulée dans un holster juste sous mon aisselle droite doit être visible maintenant mais je m’en moque.
Je leur lance: -= Alors, vous venez me rejoindre ou vous avez peur de vous mouiller?
Je fond littéralement lorsque mes deux poursuivants se déshabillent et se mettent en boxers pour laisser apparaître leur carrure athlétique. Il s’agit de deux jumeaux, blonds, d’un bon mètre quatre vingt dix. La seule différence qui les caractérise chacun est leur regard. L’un a les yeux bleus, l’autre a les yeux verts. A présent, ils me font penser à deux maîtres nageurs.
-= Je vais vous donner une motivation.
Je m’accroupis dans l’eau et nage tant bien que mal. Mes mains sont passées sous ma robe pour redescendre jusqu’à mes pieds.
Je leur lance ensuite mon magnifique string brodé aux pieds. Les deux garçons sont médusés. Ils plongent enfin et s’approchent de moi sous l’eau tels des requins sur leur proie. Igor, le blond aux yeux bleus sort la tête à la surface juste sous mon nez.
Je pousse un cri de surprise lorsque Youri sort derrière moi, me faisant sursauter. Un frisson traverse ma colonne vertébrale. Youri toujours derrière moi me soutient à la surface par le bassin pendant qu’ Igor m’embrasse à pleine bouche.
Une vague de chaleur et de désir intenses embrasent mon bas ventre.
Pour mieux vous expliquer qui je suis, je vais revenir dans mon passé: Il y a dix ans, j’ai travaillé pour le compte de la C.I.A, sur un nouveau projet qui remplaçait « Stargate ». Stargate avait effectivement été mis sur pied afin de prouver l’existence dans la population de « mediums ». Le projet fut abandonné car couronné d’échec! Il fut remplacé par des recherches sérieuses et très poussées sur la téléportation.
Quatre points différents et variés entrent dans ce domaine.
Le premier fait référence aux sorties astrales, ces sorties de l’esprit hors du corps obtenues après une longue pratique de la méditation. Ce premier point entre dans le domaine de la parapsychologie.
Le second concerne les voyages dans le temps obtenus après distorsion de « l’espace temps». La théorie dépasse de loin la pratique. Cette étude appartient au domaine des quantiques.
Le troisième est la téléportation d’un point à un autre dans l’univers. Il s’agit là plus de science fiction que d’une étude concrète car il inclus qu’il existerait une autre dimension voir des mondes parallèles au nôtre.
Le quatrième est celui sur lequel j’ai étudié. Il retint l’attention de la CIA tend les applications possibles étaient porteuses d’espoir. Il s’agit de téléporter un objet ou une personne d’un téléporteur à un deuxième télé porteur d’un endroit à un autre. L’expérience fut couronnée de succès lorsqu’il fut prouvé scientifiquement qu’il était effectivement possible de téléporter le laser. De là à téléporter un objet il n’y avait plus qu’un pas!
Je m’en souviens comme si c’était hier ; J’arrive un matin dans mon bureau. Je n’avais pas dormis de la nuit car je refaisait mentalement tous les calculs. Allongée dans mon lit, la chambre plongée dans le noir, d’innombrables chiffres défilaient devant mes yeux. Puis la solution est apparue! Pourquoi je n’y avait pas songé plus tôt? Je me rassoie dans mon lit, allume la lampe de chevet et griffonne la formule sur mon calepin. Ce n’est qu’après que je put trouver le sommeil.
A peine arrivée dans mon bureau, j’allume mon ordinateur puis je rentre la formule. Le logiciel que j’ai créé vérifie si le procédé est stable. Le verdict tombe après cinq longues minutes d’interminable attente: 99% de chance de réussite. Je télécharge la formule sur ma clé USB et me rend au laboratoire. C’est une immense pièce où deux téléporteurs sont reliés à un enchevêtrement de câbles, eux-mêmes branchés à un énorme ordinateur.
L’ordinateur à l’aide d’un spectromètre de masse analyse la composition moléculaire du matériaux déposé sur le sol du télé porteur Puis il créé un schéma moléculaire du matériaux ou de l’ADN s’il s’agit d’un être vivant. Ensuite, il synthétise la « formule » ainsi obtenue avant de désintégrer la matière. Enfin, il recréé la dite matière à l’identique du schéma précédemment obtenu.
Je programme la séquence sur ce dernier. A l’écran s’affiche: « Programme prêt pour la téléportation ». Je me rend au pied d’un téléporteur, j’ouvre la porte et j’y place un lourd cendrier en cristal. Puis je retourne à la console. J’entre mon code d’accès et je met en marche le système. Une voie synthétique annonce: « Attention, l’opération va avoir lieu dans 5 secondes. 4,3,2,1 ». Un grondement sourd empli toute la pièce qui est secouée par un mini séisme. La voie: -= « L’opération s’est déroulée avec succès ».
La porte du deuxième téléporteur s’ouvre et là, miracle: Le cendrier en cristal est posé à même le sol. Je cours jusqu’à lui et le prend. Aucun doute possible, c’est bien celui que j’ai placé dans le premier téléporteur! Je saute littéralement de joie. Je suis tellement contente de ma réussite que je n’ai plus qu’une seule chose en tête : Le tester sur une forme vivante!
Je regarde l’horloge: 5h55. Mes collègues arrivent à 7h00 ce qui me laisse une bonne heure. Le protocole de sécurité m’obligerait à attendre que toute l’équipe soit présente en supposant que l’expérience est été validée par la commission et que l’on m’ai donné le feu vert. Je bout littéralement car je sent que je touche au but. Aucune envie d’attendre deux longs mois pour savoir si j’ai raison ou tort!
Je vais rendre une petite visite à Violette la mascotte de l’équipe. C’est une petite souris blanche qui doit servir à l’expérience. Je l’as regarde. Elle dort paisiblement sur un petit lit de paille. Je l’observe mais je ne peut me résoudre à l’utiliser comme cobaye. Je me suis effectivement beaucoup attachée à elle. Souvent la nuit lorsque je suis seule à travailler au laboratoire, elle est ma confidente. Je lui raconte ma vie, mes états d’âme et l’avancée de mes recherches. Tout le monde est aux petits soins avec elle et il faut bien avouer que nôtre petite mascotte se porte plutôt bien. Chacun lui donne un biscuit ou un peu de graine chaque jour.
Non, je vais seule tenter le grand voyage!
Je retourne au laboratoire. Je me déshabille complètement et dépose mes vêtements sur un coin du bureau sur lequel est posé l’ordinateur. Je lance ensuite la séquence avec un décompte de trente secondes avant la « mise à feu ». La voix commence le compte à rebours: -= Trente, vingt-neuf…
Je cours jusqu’au téléporteur, en entrouvre la porte et pénètre dans ce qui m’apparaît à présent comme un potentiel tombeau, mon propre tombeau!
Je sais que c’est du suicide mais l’envie est trop forte. Mon cœur semble sur le point de lâcher lorsque la voie synthétique annonce: « …Cinq, quatre, trois, deux… ».
Le temps semble se suspendre. Une forte chaleur m’envahit et j’ai l’impression de flotter. J’entend la voix prononcer: « Un » puis c’est le trou noir intégral.
Lorsque je rouvre les yeux je me trouve à première vue dans l’infirmerie. Je suis allongée sur un lit. De nombreux instruments de mesure sont disposés ça et là dans la pièce. On m’as passé une sorte de robe propre à chaque hôpital. Le mur en face de moi est recouvert d’une immense glace sans teint. Bien que je ne puisse rien voir au travers, je peut sentir à travers elle le regard des personnes qui me regardent. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que je suis en observation. Simple déduction logique: J’ai finalement réussi l’expérience sinon je ne serait pas là! J’aurais vraiment remplacé Violette la petite souris blanche jusqu’au bout puisque me voilà devenue cobaye à mon tour!
Mon alter ego est flatté d’avoir réussi cet exploit. Il l’est d’autant plus lorsque je me lève du lit. Je suis, comment dirais-je? Oui, c’est ça: Transformée! Juste avant de tenter l’expérience je devais peser environ dans les cent kilos. Je vais dans la salle de bain, m’enferme à clé puis fait tomber la guenille qui me recouvre. C’est avec stupeur que je découvre mon nouveau « moi » : Mon corps est littéralement métamorphosé! J’ai perdu toute masse graisseuse, les traits de mon visage sont redessinés et tous symétriques. Je ne porte également plus les traces de mes différentes tentatives de suicide aux poignets.
A partir de ce jour, je vit à cent à l’heure faisant ce que j’avais toujours voulu faire. Je me dope à l’adrénaline et profite de la vie à pleines dents.
On me fit passer une batterie de tests qui sans appel me placèrent sur la liste des rares personnes dont le QI atteint le record de 260.
D’autres changements avaient eu lieu en moi, je n’allait effectivement pas tarder à m’en rendre compte…
A contre cœur, j’ai laissé mes deux Apollons au château, je suis à bord d’un jet privé à destination du Vatican. Mes longs cheveux sont coiffés en chignon et j’ ai passé une tenue plus adéquat: Une longue robe sombre qui camoufle aisément mes formes accompagnée de chaussures à talons plats. Une pensée subjective rapport à la folle nuit que j’ ai passé la veille me fait légèrement rougir. Pensée vite dissipée par l’annonce au micro du pilote: -= Mademoiselle, nous allons amorcer la descente, veuillez attacher votre ceinture s’il vous plait.
Ce qui m’exaspère le plus c’est que mon chef n’as rien voulu me dire: -= Non, non et non, je ne vous dirais rien! Vous saurez quelle est votre mission une fois sur place.
-= Tout ce que j’espère c’est que je n’aurais pas à me déguiser en bonne sœur!
Mon chef: -= Mais non, cette mission est tout à fait dans vos cordes…
A ma descente d’avion une voiture comparable aux voitures diplomatiques m’attend. De petits fanions flottent au dessus de chaque phare. Sur la plaque d’immatriculation un simple mot: « Vatican ».
-= Eh ben, ça promet!
Un homme descend du véhicule. Il porte un costume noir. Seule la croix accrochée à la pochette de sa veste le différencie du commun des mortels.
Je l’observe, au fond de moi-même je me dit que c’est bien dommage qu’il porte « la robe ». Le jeune homme vient à ma rencontre: -= Mademoiselle Shilova, c’est un honneur de vous accueillir en terre sainte. Vous avez fait bon voyage?
-= Très bon merci. Je me retient de dire qu’en fait je serait mieux dans mon château en compagnie de mes deux molosses plutôt qu’à devoir tenir compagnie à ce chaperon.
Vingt minutes plus tard je suis confortablement assise dans un fauteuil.
Le Cardinal Granti: -= Mademoiselle Shilova, laissez moi vous présenter le commissaire Di Gaggio de la police de Milano, euh Milan. Je ne vous présente pas Frère Angelus qui est venu vous chercher à l’aéroport. J’en vient à présent au faits. Cette affaire nous dépasse complètement, nous voudrions vraiment qu’elle ne sorte pas des murs de cette enceinte.
Je lui demande: -= De quoi s’agit t’il exactement?
Le commissaire Di Gaggio: -= Une bande vidéo a été envoyée au Vatican il y a un mois. Je vais vous l’as passer afin que vous vous fassiez une idée de quoi il retourne exactement.
Il clic sur la souris de l’ordinateur posé devant eux sur la table. Le film montre ce qui ressemble à une pièce de boucherie. De nombreux quartiers de viande sont en effet suspendus par des crochets aux murs. La caméra avance progressivement puis se fixe sur une sorte de grande table en bois. Sur cette même table est attachée une personne au corps nu, les bras et les jambes écartés. Il s’agit en fait d’une jeune femme allongée sur le ventre. La personne se débat avec force mais n’arrive pas à détacher ses liens. Au bout de cinq longues minutes d’attente, un homme nu, une cagoule noire sur la tête monte sur la table. Sans aucun regard à la caméra, il sodomise la jeune femme qui hurle et pleure implorant le seigneur. Elle demande pitié à son bourreau. La scène est d’une rare violence et aucun son n’est épargné. L’homme continu de l’as violer et lui enfonce une longue seringue dans l’oeuil gauche. Un craquement se fait entendre lorsque l’aiguille pénètre l’organe puis le transperce. Les trois hommes assis aux côtés d’Alicia détourne le regard. La jeune femme hurle une dernière fois et s’effondre. Son corps est secoué de soubresauts puis s’immobilise enfin. L’homme retire la seringue ensanglantée de son orifice et l’as dépose dans une coupelle métallique. Il descend de la table, l’image se trouble. Quelques secondes après réapparait une sorte de trouble à l’écran, le bourreau se tient devant l’objectif, il s’approche de la caméra et l’éteint. La dernière image est celle du regard d’un fou en pleine jubilation.
Le Cardinal dit: -= Il s’agit de sœur Catherine. On a aussi reçu son oeuil et la croix de son ordre. Si cela venait à se savoir…
Je m’exclame: - Je suis la seule à avoir remarqué?
Le Cardinal: - Remarqué quoi?
- Vous pouvez nous repasser la fin du film?
Le commissaire: - Oui, certainement.
Le film reprend lorsque l’homme cagoulé descend de la table. Il fait à présent face à la caméra, l’image se trouble, Alicia: - Là, arrêtez l’image!
Knoxville dans le Tenessee, les premiers rayons du soleil levant inondent la plaine puis viennent caresser le visage endormi de Léa. Peu à peu elle se réveille. Elle est frigorifiée, a des nausées et a atrocement mal à son oeuil gauche ainsi qu’ à la tête. Sa vue est troublée par un voile rouge. Apeurée elle tente de regarder autour d’elle. La jeune femme est ensevelie sous un tas de cadavres. Elle est obligée de les pousser pour pouvoir se frayer un passage. Une forte putréfaction s’en dégage. Lorsqu’ enfin elle réussit à s’extirper, Léa réalise qu’elle est nue. Son corps est recouvert d’insectes en tout genre et de vers rampants ainsi que de chair humaine. Un cri guttural sort de ses entrailles. En entendant ses hurlements par la fenêtre de son laboratoire, un étudiant du centre médical juste derrière arrive en courant. Ce qu’il découvre l’horrifie. Malgré son habitude des cadavres, il as du mal à supporter la vue de cette jeune femme vivante debout sur un tas de corps en état de décomposition avancée. En fait, il étudie la prolifération des insectes sur des morts dans cette « body farm ». En s’approchant de plus près il réalise qu’ elle a subi une ablation de son oeuil gauche. Il retire un vers de son orbite puis l’as couvre de sa blouse blanche. Arrivés au centre médical Léa dans un mêlé de sanglots: -= Je souffre, c’est horrible ce que j’ai mal à la tête!
John, l’étudiant, dit à ses collègues venus lui prêter main forte: -= Occupez vous d’elle, je vais appeler la police. Tenez, c’est tout ce que j’ai pour calmer la douleur. Faites l’as boire un peu en attendant les secours. Et il tend une flasque de whisky à son collègue. -=Désolé, c’est tout ce que l’on as ici mais ça lui feras du bien vu ce qu’elle as vécu.
Mark un autre étudiant l’allonge sur un lit, lui pose une compresse sur son orbite oculaire vide et lui tend la flasque après en avoir avalé deux grandes rasades afin de se calmer également.
Léa boit quatre fois avant de rejoindre les bras de Morphée.
J’ai quitté le Vatican. Je suis enfin seule dans mon bureau. J’ai passé une tenue qui convient mieux à mon humeur de la journée: Une longue robe en cuir noir, des rangers, et des bracelets de forces à mes poignets. Un lourd crâne en argent pend à mon coup. C’est incroyable ce que l’on se sent mieux lorsque l’on peut porter ce que l’on a envie!
Je passe en boucle le film visionné quelques heures auparavant et c’est toujours le même passage flou qui m’intrigue.
Je sort de mon bureau et vais frapper chez Henri.
Henri est resté un an en retraite mais a fini par renoncer à l’inactivité pour reprendre l’an passé du service. Il est un des meilleur « technicien » de la « boite ». « Un touche à tout », aussi à l’aise devant un écran d’ordinateur qu’avec un tournevis entre les mains.
-= Salut Henri, j’espère que je ne te dérange pas?
Sans lever le nez de son travail, la tête dans un coffre de voiture: -= Tient, bonjour mon Ange Noir. Cela fait un bail que tu n’est pas venue me voir. Qu’est-ce qui t’amène?
-= Aurais-tu un écran libre?
Henri: -= Tu n’as qu’à prendre le moniteur là-bas.
-= Est-ce qu’au moins tu pourrais regarder cinq minutes?
Le vieil homme sort la tête de la voiture et me répond: -= Oui, excuses-moi, j’arrive.
-= Sans indiscrétion, qu’est-ce que tu foutais dans le coffre de cette bagnole?
-= Je recherche des traces de poudre plus précisément, de la cocaïne pure. Une tête humaine a été retrouvée dans le garage où était garée la voiture. Je recherche de la poudre dans le coffre car le visage était effectivement recouvert d’une mince pellicule de coke. Si j’arrive à en retrouver sur la moquette cela prouveras que le propriétaire, un trafiquant notoire de drogue a pu transporter le corps voir même avoir tué la victime et s’être débarrassé du corps.
-= Et pourquoi avoir gardé la tête?
-= Sans doute afin de prouver à ses associés qu’il s’était débarrassé d’un « problème ». J’extrapole sans doute mais c’est un scénario tout à fait possible dans le monde du Cartel! Bon, et toi, qu’est- ce- qui t’amènes au juste?
-= Regardes et dit moi ce que tu en penses. Je met en marche le film et j’observe Henri du coin de l’oeuil . En vrai professionnel qu’il est, il ne sourcille pas un seul instant, rien dans son comportement ne trahit ses sentiments. Simplement il s’insurge en restant stoïque: -= Tout simplement abjecte!
Le film arrive à sa fin, le bourreau descend de la table puis l’image se trouble. Mon collègue se tourne vers moi: -= Reviens un instant en arrière s’il te plait?
Je m’exécute. L’homme cagoulé redescend à nouveau de la table puis le « flou » à l’écran réapparaît. Henri m’hurle aux oreilles: -= Là! Stop l’image!
-= Merde, tu m’as éclaté le tympan!
-= Oui, excuses-moi. Approches-toi de l’écran. Remet en marche le film s’il te plait, tu vois en fond on dirais une femme.
Dans le « flou » lorsque l’image disparaît de l’écran, une silhouette fantomatique apparaît, puis le bourreau reviens à nouveau très nettement.
-= Qu’est- ce- que c’est?
Henri: -= A mon avis il s’agit de traces d’une ancienne vidéo, c’est-à-dire que la personne qui a filmé a tenté d’en effacer une partie en enregistrant par-dessus. Attends on va en avoir le cœur net. Je vais tenter d’isoler la partie où il y a le « blanc » afin de reconstituer ce qui aurait due être effacé.
Mon collègue tape sur le clavier de son ordinateur. Un programme se lance et miracle, une jeune femme nue apparaît. Elle court à travers bois. Comme poursuivie elle n’arrête pas de se retourner. Les branches lui fouettent le visage et lacèrent son corps. Elle fini par tomber. L’image semble vouloir s’arrêter mais reprend. Un panneau apparaît. Henri met l’image en pause. « Université de KNOXVILLE ».
De retour dans mon bureau j’entre le nom du panneau sur internet.
« UNIVERSITE DE KNOXVILLE TENESSEE ». A part des Webcam disséminées un peu partout dans la ville rien d’intéressant. Sauf, peut-être…
Un article du journal « TIMES » attire mon attention. Il s’agirais d’une jeune femme retrouvée au beau milieu d’un tas de cadavre. Rien que d’y penser j’en ai la nausée beurk! Comment peut-on faire ça à quelqu’ un?
Un point attire particulièrement mon attention: Apparemment la jeune femme a subit le même sort que la bonne sœur. Elle aussi a été retrouvée avec un oeuil en moins C’est sûrement pas due au hasard! Je prend une fausse identité dans notre base de données puis j’appelle le shérif de KNOXVILLE.
-= Allo, shérif Alister? Inspecteur Mac Harty de la police de New York, matricule 5402620M. Je vous appelle au sujet de la jeune femme retrouvée à moitié morte dans la « body farm ».
-= Oui. Cette jeune femme est en vie et est hospitalisée à Knoxville. Puis-je savoir pourquoi vous vous intéressez à cette affaire?
-= Il se trouve que je travaille sur une affaire analogue. Puis-je passer voir cette personne? J’aimerais lui poser quelques questions.
-= Oui, bien sûr mais passez tout d’abord au commissariat afin que je vous accompagne car nous avons placé sa chambre sous surveillance policière. Je vous préviens, elle ne se souviens de rien. J’ai bien peur que vous ne fassiez le voyage pour rien.
-= Tant pis, je tente ma chance. J’attrape le premier avion et j’arrive. A demain.
-= Au revoir, à demain.
J’arrive à l’aéroport de KNOXVILLE. A ma grande surprise le shérif m’attend à la descente d’avion. Il tient dans la main une pancarte ou mon nom d’emprunt est inscrit: Mac Harty. Je m’approche de lui.
-= Bonjour shérif, je suis l’inspecteur Mac Harty.
Le shérif: -= Vous pouvez me présenter votre plaque s’il vous plait?
-= Euh, oui. Je lui tend ma fausse plaque qu’il observe sur toutes les coutures. Je peut savoir pourquoi vous me demandez de m’identifier?
-= Nous avons eu la semaine dernière un faux policier qui s’est avéré être un vrai journaliste d’où la fuite le lendemain de l’information auprès de tous les journaux. Nous n’avions pas besoin de cette publicité! Sans parler que le psychopathe risque de se méfier à présent!
-= Pas forcément! Le shérif me regarde à présent d’un air dubitatif.
-= En fait, il y a effectivement de fortes chances que le tueur lise la presse mais peut-être qu’il va au contraire et malheureusement en retirer de la satisfaction par conséquent il risque bien de perpétuer d’autres atrocités.
Le policier: -= Je n’avais pas vu les choses sous cet angle, c’est vrai.
Dans ma tête je me dit qu’il s’agit bien là d’un comportement macho; Le tueur est venu tuer sur le « territoire » du shérif Alister. Tout ce qui compte à présent pour lui c’est d’attraper le « contrevenant » et tant pis s’il y a d’autres victimes! Typiquement masculin, « on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs ». Je ne lui fait bien sûr pas part de ma pensée sous peine de voir mes chances de rencontrer la victime s’amenuiser.
Une heure après nous voilà enfin devant la chambre de la jeune rescapée. Un policier en faction monte la garde.
Son supérieur, le shérif: -= Salut John, voici l’inspecteur Mac Harty de la police de New York venue pour son enquête poser quelques questions à mademoiselle Ryan.
Le garde: -= C’est un plaisir de vous rencontrer mademoiselle Mac Harty. Je l’observe; Un beau morceau d’un bon mètre quatre-vingt dix! A chacun de ses gestes j’ai l’impression que les boutons de sa chemise vont exploser sous la pression de ses muscles. Il se lève poliment de sa chaise, retire ses lunettes de soleil pour laisser découvrir un regard mêlé de puissance et de sensualité, de surcroît vert comme je les préfère! En vrai gentleman il m’ouvre la porte de la chambre. Son regard croise le miens qui me transperce. Je fond sur place, mes mains deviennent moites, mon cœur bat de plus en plus fort et semble sur le point de vouloir quitter ma poitrine qui se redresse. Tout d’un coup je me sent intégralement nue, une peur m’envahit. J’ai l’impression qu’il sait réellement qui je suis!
Je sort de ma torpeur lorsque le shérif s’écrit: -= John, combien de fois dois-je te dire de ne pas porter tes lunettes de Play-Boy lorsque tu es en service? C’est dingue, dès que j’ai le dos tourné tout le monde en profite!
Mademoiselle Mac Harty on entre ou vous compter prendre racine?
Je recouvre mes esprits: -= Oui, excusez-moi.
Nous entrons dans la chambre. Une fois la porte refermée le chef de la police: -= Désolé pour la mise au point avec mon aspirant, il faut constamment les remettre dans le droit chemin. Ce qui m’exaspère le plus avec lui ce sont ses manières « si vous voulez bien vous donner la peine de rentrer …», une vrai gonzesse!
Je réprime un sourire en coin, je ne m’était vraiment pas trompé sur son compte; Un vrai plouc! Je préfère ne pas répondre à la perche qu’il me tend et m’approche du lit. La chambre est plongée dans la pénombre. La jeune femme allume la lampe de chevet comme un réflexe conditionné.
Son oeuil gauche est recouvert par un bandeau. C’est la peur imprimée que je lit dans son autre oeuil. Son visage est celui d’une jeune femme d’une vingtaine d’années pourtant j’ai l’impression de faire face à une personne âgée tellement ses traits son marqués par la souffrance. Son regard est fuyant incapable de se fixer sur quoi que ce soit plus de dix secondes. Je me dit qu’à chaque fois qu’à chaque fois qu’elle observe un point précis, de terribles images doivent traverser son esprit!
Je me retourne puis m’adresse au shérif Alister: -= Peut-être que ce serait mieux si je restait seule avec elle?
Comme soulagé il me répond: -= Je n’osait pas vous le dire! Restez le temps dont vous avez besoin. En sortant je vais donner des ordres au garde afin que personne ne vienne vous déranger. Quand vous aurez fini, passez me dire ce que vous avez pu retirer de la môme, d’accord?
Dans ma tête je me dit: « Compte là-dessus pauvre con! »
-= C’est d’accord, je passerais vous faire un compte rendu détaillé.
-= OK salut. Et là-dessus il me sert une poignée de main bien calleuse à souhait! Puis il quitte la pièce.
Enfin débarrassée je me rapproche de la jeune femme. Afin de l’as rassurer je sort mon insigne de police. Elle regarde l’insigne puis l’air gêné elle me susurre: -= Vous n’êtes pas flic n’est ce pas?
-= Non effectivement, comment vous avez deviné?
Elle me fait signe de regarder sa petite table de chevet. Un jeu de cartes y est posé.
-= Je peut?
La jeune femme: -= Oui oui allez y.
Je prend le jeu en main. Il s’agit en fait d’un superbe tarot. Je l’étale et en tire cinq lames. L’amoureux, le diable, la papesse, le chariot et la mort. Je me tourne vers elle: -= Qu’est-ce que vous pouvez me dire sur ce tirage mademoiselle Ryan?
-= Vous pouvez m’apeller Léa. Je suis désolée mais en ce moment mes visions sont troublées par d’horribles sensations.
-= Pouvez vous me décrire ces sensations Léa?
Dans un sanglots: -= J’ai peur et je souffre atrocement…Je m’excuse de ne rien pouvoir vous dire de plus. Je ne me souviens absolument de rien non plus comme si on avait effacé une partie de ma mémoire. Je crois que c’est-ce qui m’angoisse le plus, de ne pas savoir exactement ce qui m’est arrivé!
Je m’assied sur le lit et lui prend la main. -= Par expérience je sais combien il est difficile de chercher une réponse à ses questions et au final de se retrouver face au néant qui vous envahit et petit à petit vous consume. Pourtant si vous souhaitez aller mieux il vous faudras apprendre à vivre avec. Le temps fait bien les choses croyez moi.
Je regarde son visage endoloris. Sa souffrance m’affecte profondément. Elle est trop jeune pour endurer un tel calvaire. Je ne me sent pas le cœur de l’abandonner à son triste sort: -= Néanmoins, il existe peut être une alternative!
Elle me regarde comme si j’étais son sauveur. -= Qu’elle est cette « alternative »?
-= Je préfère être franche avec vous. Je n’ai jamais tenté une telle expérience ni testé le bien fondé de cette technique. Néanmoins vous me seriez d’un grand secours si vous acceptiez. Voilà, comme vous ne vous souvenez de rien ce que je vous propose c’est une séance d’hypnose. En effet, vous avez subit un grand choc qui explique que vous ayez pu occulté inconsciemment certains éléments dans votre subconscient. Apparemment, le fait de ne plus vous souvenir de rien vous affecte profondément. D’un côté, vous souvenir pourrait vous aider dans votre thérapie. De l’autre, si vous pouviez me communiquer certains éléments, cela pourrait m’aider et faire considérablement avancer mon enquête, voir sauver des vies en arrêtant la personne responsable de votre état avant qu’il ne recommence avec quelqu’ un d’autre. Vous avez tout le temps qu’il vous faut pour me donner votre réponse. Je vais vous laisser mon numéro de téléphone.
Une lueur d‘espoir dans le regard: -= Non, c’est tout réfléchi, j’accepte!
-= Vous êtes certaine? Il vaudrait peut être mieux que vous y songiez avant de prendre une décision. Vous risquez effectivement de vous remémorer certaines choses extrêmement difficiles à suporter.
-= Ce que je ne pourrais pas supporter c’est une existance remplie de ce vide qui m’envahit. Je fait peut être comme dit mon psychiatre une « fixation » mais ce que je sais c’est que je refuse de continer à vivre avec ça plus longtemps!
-= Je vais donc prendre ça pour un « oui ». Par contre j’ai oublié de vous préciser que j’ai besoin de vous maintenant. Vous êtes prêtes à quitter votre chambre dans une heure avec moi? Ce qui sous entend faire à nouveau face au monde extérieure. Dernier point important: Aucune question au sujet de mon activité. Vous avez deviné juste, je ne suis effectivement pas inspecteur de police. Tout ce que je peut vous dire c’est que je vais vous emmener là où je travaille. Là vous serez entourée de toutes les attentions dont vous pouvez avoir besoin. Nous avons les meilleurs médecins et spécialistes du pays. Alors toujours d’accord?
-= Oui, j’ai hâte de quitter cet endroit lugubre!
-= Bon, préparez vous, pendant ce temps là je vais faire le nécessaire pour que nous soyons partis au plus tard dans une heure.
Ce qui m’angoisse à présent ce n’est pas le voyage, c’est la lenteur administrative et certaine de l’hôpital pour me fournir le dossier médical de Léa. Tant pis, je vais au service des entrées et j’improvise: -= Bonjour, agent Destainville N.S.A. Sur ces bonnes paroles je pose une fausse carte sur le comptoir. Je ne lui laisse pas le temps de répondre et continue dans ma lancée: -= J’emmène mademoiselle Ryan avec moi. Je vous laisse une heure pour l’as préparer et me remettre son dossier médical.
Hébettée, la jeune femme: -= Je, je ne sais pas si je peut faire ça, je dois prévenir le docteur qui s’occupe d’elle.
-= D’accord, appelez le.
-= Je dois vous prévenir que je vais devoir également appeler le shérif.
-= Je m’en doute, il n’y a aucun problème, faites ce que vous avez à faire.
Maintenant, le plus dure vas être bien entendu de dépêcher deux « gardes du corps ». Je ne suis effectivement pas stupide au point de penser que la personne qui a attaqué Léa ne risque pas de vouloir terminer ce qu’il a commencé! J’appelle donc mon chef: -= Allo, chef? J’aime bien l’appeler « chef » puisque de toute façon personne ne connaît son vrai nom. En plus ça l’ennerve à chaque fois ce qui m’emplit de bonheur.
-= Alicia? Vous ne pouvez pas m’appeler par mon nom?
-= Je n’en voit pas l’intérêt. Bon, bref, j’aurais besoin de deux gorilles à l’hopital de KNOXVILLE.
-= Je vous préviens que si c’est pour épencher votre soif de mâles c’est non!
-= Vous n’y êtes pas du tout, je compte sortir une jeune patiente qui pourrait s’avérer d’un grand secours pour mon enquête. Malheureusement, elle a été victime d’un psychopathe. J’ai donc peur qu’il ne tente d’en finir avec elle. Alors vous allez m’envoyer quelqu’un?
-= Décidément, on ne peut jamais rien vous refuser. Vous allez être contente, j’avais envoyé vos deux amis Igor et Youri me faire deux ou trois courses au supermarché de KNOXVILLE. Je vais leur dire de vous rejoindre. Ils vous escorterons jusqu’ici.
-= Avouez, vous les avez envoyé pour m’espionner?
-= Vous n’y êtes pas du tout! Je les avais envoyé au cas où vous auriez besoin de secours ce qui est manifestement le cas. Mais si vous voulez je peut les rappeler avant?
-= Non non, vous avez très bien fait, merci de votre sollicitude. Au revoir.
A peine raccroché, le shérif fait irruption à l’hôpital comme prévu. Il sort son arme, me braque et me lance: -= Désolé ma jolie mais vous n’irez nulle part!
-= Agent Destainville N.S.A, j’emmène mademoiselle Ryan.
-= Et pour quelle raison?
-= La raison d’état. A votre niveau vous n’avez pas à le savoir. Maintenant vous allez me laisser partir avec la jeune femme.
-= Il faudras me passer sur le corps avant alors!
J’entend une voie dans son dos: -= D’accord.
Une grosse main s’abat sur son épaule droite, les doigts s’enfoncent dans la chair, ce qui contraint le poilicier à lâcher son arme. C’est Youri. Il continue son étreinte et me lance: -= Dit dont c’est pas gentil de nous avoir laissé poireauter au château l’autre jour!
-= Enfin vous voilà. Je suis bien contente de vous voir. On vas pouvoir y aller. Je vais chercher la petite. Tu m’accompagne Igor?
-= Avec plaisir.
-= Euh Youri, tu peut le lâcher à présent.
Mon numéro d’agent de la N.S.A fonctionne à merveille avec le garde.
-= Johnny, nous emmenons mademoiselle Ryan avec nous car elle peut m’être utile dans mon enquête.
Le jeune policier: -= Oui, je comprend. Le patron est au courant?
Igor: -= Mon collègue est en train de discuter avec lui…
Le shérif accompagné de Youri font irruption dans la chambre.
Le vieux shérif: -= C’est bon Johnny, laisse les partir.
Johnny s’approche de moi et me lance à nouveau son regard charmeur. Puis toujours en gentilhomme: -= Je me permet de vous demander, si vous repasser dans la région, je serais heureux de vous inviter à dîner Je vous laisse ma carte si vous le souhaitez?
-= Oui, je vous remercie, ce seras avec grand plaisir.
Je lui donne un baiser sur les lèvres en prenant la carte. En vrai professionnels qu’ils sont, mes accompagnateurs font mine de rien et aident Léa à ranger le reste de ses affaires dans son sac.
A la sortie de l’hôpital Igor ouvre sa malette et sous les yeux médusés du shérif en sort un lance roquette portatif qu’il épaule.
Youri: -= C’est pour dissuader quiconque de toute attaque.
Igor porte Léa dans ses bras après lui avoir passé son gilet parre balles.
Après avoir pris un hélicoptère nous arrivons à l’agence. J’installe la jeune femme dans une des suites.
La jeune femme: -= Ouah, c’est vraiment superbe ici!
-= Vous êtes ici chez vous. C’est un peu à l’étroi mais on s’y fait. Vous resterez le temps que vous voudrez. Si vous avez besoin de quoi que ce soit vous décrochez le téléphone. Ne vous gênez pas, tout est gratuit. Bon, profitez de la nuit pour vous reposer. Une infirmière passeras vous voir dans la soirée. Je repasserais demain matin pour savoir si vous êtes prête pour la séance d’hypnose. Je vous rassure, rien ne presse. Si c’est dans une semaine ce n’est pas grave. Je vous ai laissé mon numéro de téléphone portable, n’hésitez pas à m’appeler si ça ne vas pas. Une dernière chose, il n’y a aucune caméra dans cette suite, je m’en suis assurée personnellement donc faite vraiment comme chez vous.
Léa s’approche de moi et me sert dans ses bras: -= Merci, je ne sais pas ce que je serais devenue sans vous.
-= C’est moi qui vous remercie d’avoir accepté de collaborer avec moi, a demain.
Je lui fait une bise sur la joue et l’as laisse seule. J’ai un pincement au cœur en partant. J’espère sincèrement que l’expérience de demain vas être concluante et que ce dont elle se souviendras l’aideras à surmonter cette terrible épreuve.
De retour au château, une idée traverse mon esprit. J’ai besoin de vérifier s’il n’y aurait pas un lien entre Léa et la bonne sœur assassinée. Je pirate la banque de données des services secrets du Vatican et entre le nom de ma recherche: « Sœur Catherine ». De bonne famille Italienne la jeune sœur est née le douze août 1981 à Rome. Rien ne l’as prédestine à entrer dans les ordres. Elle suit de brillantes études à l’école des beaux arts jusqu’au jour où son frère tombe gravement malade. Elle passe le pus clair de son temps à son chevet. Une nuit, alors qu’elle passe la nuit auprès de son frère elle lit une bible posée sur la table de chevet elle vas découvrir sa vrai vocation. Sœur Cathrine entre dans les ordres l’année suivante puis part quatre années en mission humanitaire au Kosovo. Cinq ans plus tard le Vatican lui propose de venir travailler à la bibliothèque ce qu’elle accepte. Bon, rien de passionnant. Je vais pour couper la connexion lorsqu’une page attire mon attention: « Sœur Catherine se plaint de faire de violants cauchemars où elle se voit se faire violer ligotée à une table. D’autres sœurs ont rapporté que souvent, ce qu’annonce sœur Catherine se réalise. Il se pourrait qu’elle possède des dons médiumniques. » Voilà le lien! Reste à savoir pourquoi on l’as assassiné.
Le lendemain matin, je retrouve Léa dans sa suite.
-= La nuit s’est bien passée?
Léa: -= Oui, ça m ’as fait du bien de sortir de l’hopital. C’est la première nuit où j’arrive un peu à dormir. Je me sent bien et en sécurité ici.
-= Tu est prête pour la séance ou tu préfère attendre?
-= Non, j’ai envie de savoir ce qui m’est arrivé afin de pouvoir enfin tourner une bonne fois pour toute la page. Comment ça va se passer?
-= Sincèrement je n’en ai aucune idée. Pour moi aussi c’est ma première séance d’hypnose. On y vas?
-= Passe devant je te suis.
Nous sortons de la chambre puis empruntons un couloir dont les murs sont tapissés de moquette bordeaux. Tout est vraiment fait pour que les « invités » se sentent le plus à leur aise possible. Nous arrivons devant la porte de l’ascensseur. La jeune femme est pris d’une sorte de peur panique et se met à reculer. Son teint est livide et ses jambes tremblent.
-= Léa qu’est-ce qui ne vas pas?
-= Je ne sais pas, j’ai envie de prendre l’ascensseur mais quelque chose me dit de ne pas monter dans la cabine!
-= Tu veux que nous prenions l’escalier?
-= Si ça ne te dérange pas je préfère.
Nous empruntons l’escalier. En tête elle dévalle les marches. Je n’avais pas remarqué qu’elle avait passé un superbe tailleur qui lui va comme un gant. Son handicap n’as pas l’air de l’as gêner et elle as passé une mèche de cheveux blonds sur son bandeau noir afin de le camoufler. Je l’as trouve rayonnante comme si une chance de refaire sa vie lui était donnée.
Un bruit sourd l’as fait s’arrêter net dans son envollée. Elle se retourne et m’observe interrogative.
-=Je ne sais absolument pas de quoi cela peut provenir.
Nous descendons encore un étage pour nous retrouver au rez de chaussée. Elle tente en vain d’ouvrir la porte.
-= Attends je vais te montrer.
Je passe mon coude devant une lentille optique, un petit bruit retenti enfin la porte se déverrouille
Léa: -= Qu’est-ce que c’est comme système de sécurité?
-= Le dernier en date. Il s’agit tout bonnement d’un implant que l’on m’as fait sous la peau.
-= Et ça fait mal?
-= L’implant? Non, pas du tout. Il s’agit d’une petite opération; On te glisse l’objet sous anesthésie locale. J’oublie même parfois que j’en porte un mais j’avoue que c’est bien plus pratique que d’avoir constamment besoin de présenter un laissez passer.
La porte s’ouvre dans un nuage de poussière. Une dizaine de personnes est agglutinée devant la cage d’ascensseur. Visiblement il a l’air endommagé. Je demande à un agent d’entretient: -= Qu’est t’il arrivé à l’ascensseur?
-= Il semblerait que le câble de la cabine est lâché alors qu’il a été vérifié récemment.
-= D’accord merci.
Je rejoint Léa.
-= Cela t’arrive souvent d’avoir ce genre de prémonitions?
-= Oui, constament. Tu vois, tu as bien fait de m’écouter.
Totalement absorbée dans mes pensées je n’écoute même plus la jeune femme qui me suis désespérément. Moi qui ne crois absolument pas à la voyance, je viens d’être servie! Enfin, nous allons peut être avoir la fin de l’énigme. J’entre la première dans le cabinet de l’hypnotiseur. Cette personne a déjà réussi à résoudre pas mal d’affaires. Par exemple une personne croise une voiture dont le conducteur vient de commettre un délit mais n’as pas penser à relever son numéro d’immatriculation, il parvint à le retrouver dans la mémoire enfouie de la personne qui a croisé le véhicule en question. Le cabinet ressemble à s’y méprendre à celui d’un psy. Une immense bibliothèque, un bureau au centre d’une immense pièce et de nombreux tableaux abstraits aux murs. L’ hypnotiseur se lève du canapé, la vingtaine, il porte un jean, une simple chemise et des basquettes, pas du tout le genre de personne sur laquelle je pensait tomber. Il nous met à l’aise: -= Bonjour mesdames. Asseyez-vous, souhaitez-vous boire quelque chose?
Léa: -= Pour moi non? Elle se tourne vers moi.
-= Rien pour moi non plus. Si nous commencions? Vous me paraissez bien jeune?
Monsieur Henry l’hypnotiseur: -= Je sais, c’est-ce-que tout le monde se dit en me voyant. J’ai lu votre dossier Madame Ryan. J’espère de tout cœur que je vous serais utile. Je m’explique, il arrive lors de grave traumatismes que la mémoire soit partiellement occultée. Dans ce cas il est impossible de savoir ce qui c’est passé. Voilà, c’est à peu près tout. Vous êtes prête Léa?
-= Oui. Où voulez vous que je me mette?
-= Vous n’avez qu’à vous allonger sur le canapé. Madame Shilova vous restez?
-= Si je peut je veut bien.
-= D’accord, asseyez-vous à côté de Léa.
Je suis impressionnée par la détermination de la jeune femme et par son sang-froid. Je lui prend la main. Son regard est empli de gratitude et d’espoir. Je met en marche mon camescope.
-= Je vais commencer, s’il vous plait, lâchez vous la main. Maintenant, vous allez allonger vos bras le long de votre corps et vous relâcher. Respirez normalement. A présent vous allez suivre mon regard, vous vous sentez de plus en plus fatiguée, vos paupières sont lourdes, vous avez de plus en plus de mal à les garder ouvertes, vous vous endormez, vous vous laissez aller, vous vous endormez peu à peu. Vous êtes calme et détendue.
Je n’en reviens pas, la jeune femme à mes côtés viens de sombrer dans le comat!
-= Elle est endormie?
L’hypnotiseur: -= Non, pas tout à fait. Je dirais qu’elle est dans une sorte d’état de conscience modifié. Léa, à présent vous allez revenir la nuit de votre agression, est-ce-que vous vous en souvenez?
Son visage se crispe. De longues larmes coulent le long de ses joues. Son teint devient cireux.
-= Oui je me souviens.
-= Pouvez-vous me dire ce qu’il s’est passé ce jour là?
-= Je venais de terminer une consultation avec un client, je le raccompagnait à l’entrée lorsque mon deuxième client est arrivé. Il ne s’agissait pas d’un client habituel.
-= Pouvez-vous essayer de le décrire?
-= Oui c’est une personne d’une quarantaine d’années en costume clair. Il a une calvitie mais c’est un très bel homme. Il mesure environ un mètre quatre vingt. Je l’invite à entrer, ce qu’il fait puis nous traversons le couloir d’entrée jusqu’à mon bureau. Enfin nous entrons, il me tend la main avec un sourire enjôleur. Je lui sert la main puis c’est le trou noir.
Je demande à monsieur Henry: -= Je peut lui poser une question?
-= Vous pouvez essayer mais je ne sais pas si elle va vous répondre.
-= Léa, seriez vous capable d’en faire un portrait si je vous donnais un crayon et une feuille?
-= Oui.
-= Léa, vous allez vous asseoir et ouvrir les yeux tout en restant endormie. Vous avez compris?
-= Oui.
Tel un robot, la jeune femme s’éxécute.
La forme du visage, la coupe de cheveux, tout me porte à croire que je connais cette personne. Plus les traits se précisent et plus mon impression de « déjà vu » se confirme.
-= Mince, je crois que je le connais!
Léa a fini son portrait. Je suis ébahit par tant de précision, tout y est même la légère cicatrice sous le menton.
Monsieur Henry: -= Je vous remercie Léa, à présent pouvez-vous me dire si vous vous souvenez ce qu’il s’est passé après vous être évanouhit?
De nombreuses images défilent anarchiquement dans son esprit, sans suite logique:
-= J’ouvre les yeux. Je suis dans une grande pièce, une lumière intense provient du plafond comme dans une salle d’opération. Je suis attachée à un fauteuil. Je ne peut pas regarder sur les côtés, seulement en face de moi. Je vois à présent un écran de cinéma. On me pose des questions.
L’hypnotiseur: -= Quelles questions?
La tête de la jeune femme est secouée de gauche à droite, de grosses gouttes de sueur coulent sur son visage.
-= Je n’arrive pas à me souvenir. Puis elle hurle: -= Non! Pas ça! Arrêtez! Non!
-= Léa, vous n’êtes plus dans cette salle, vous êtes à présent allongée sur une plage, vous entendez le bruit des vagues, il fait beau et vous êtes détendue. Vous n’avez jamais été aussi bien, la brise marine vous caresse le visage. Vous entendez le chant des mouettes, les cris des enfants qui jouent sur le sable.
La jeune femme qui paraissait prise d’une peur panique est à présent détendue et seraine, la frayeur laisse place à la béatitude. Un sourire angélique s’insinue peu à peu. Les traits tirés et les cernes sont gommés de ce doux visage.
-= : Je vais compter jusqu’à trois et vous allez vous réveiller. Vous aurez tout oublié, vous vous sentirez calme, reposée et détendue. Un, deux, trois, réveillez-vous!
La jeune femme émerge peu à peu de sa léthargie. Je me tourne vers monsieur Henry: -= Si avez terminé, j’aimerais l’emmener avec moi où vous voulez-vous procéder à une autre scéance?
-= Non, c’est fini pour aujourd’hui.
Je racompagne la jeune femme dans ses appartements. Elle est visiblement d’humeur joyeuse.
Léa: -= Je vais piquer une tête à la piscine, vous venez avec moi?
-= C’est gentil mais j’ai encore pas mal de travail. Je lui montre le portrait qu’elle a dessiné: -= Est-ce que cette personne évoque quelque chose pour vous?
La jeune femme: -= J’ai une vague impression comme si je l’as connaissait mais non je ne connais pas cet individu, pourquoi?
-= C’est vous qui avez dessiné ce portrait, voilà pourquoi.
-= Avec tout le respect que je vous dois vous devez faire erreur car je ne sais absolument pas dessiner alors de là à faire un portrait il y à de la marge!
-= Ce n’est pas grave, je vais voir ce que je peut tirer du dessin, je repasserais vous rendre visite plus tard. Reposez-vous bien.
Je retourne voir Henri celui qui a extrait la séquence de la femme poursuivie à travers bois de la vidéo du viol de la bonne sœur. J’entre dans son bureau.
-= Salut Henri, j’ai à nouveau besoin de tes services, t’es dispo.?
Henri: -= Pour toi princesse aucun problème!
-= Au fait qu’est-ce-que ça a donné ta recherche de poudre dans le coffre de la bagnole?
-= Ben c’était effectivement la même cocaïne que celle sur la tête retrouvée dans le garage du trafiquant.
-= C’est cool, il est sous les barreaux à présent?
-= Non, six pieds sous terre. Il y a eu une fuite car à peine la conclusion de mon rapport a été transmise qu’il a été exécuté Losque la police est arrivée chez lui pour l’arrêter il n’y était plus. Le corps a été repêché hier dans un marécage proche de Miami en partie becté par les crocodiles. Aparemment ses amis ont mis fin à leur collaboration. Qu’est-ce-que je peut faire pour toi aujourd’hui?
-= Je t’ai rapporté la vidéo du viol et un dessin. Tout d’abbord pourrais-tu isoler le visage de la femme poursuivie à travers bois?
J’entre le c.d dans l’ordinateur de mon collègue. Le film défile jusqu’à arriver au « blanc ». Henri isole le passage sur son p.c.
-= Bon, à présent voyons ce que l’on peut faire de ça.
La mini séquence vidéo reprend, une femme court à travers bois, un court instant elle se retourne sa tête faisant face à l’objectif. Henri remet la séquence depuis le début jusqu’à ce passage.
-= Là!
Il clic sur la souris et l’image se fige. Malheureusement, elle est trouble.
-= Attends je vais arranger ça. Un logiciel nettoie l’image qui peut à peut s’éclaircie. Lorsqu’enfin la « photo » se stabilise le visage de Léa apparaît à l’écran.
Henri: -= Satisfaite?
-= Oui, il s’agit bien de la jeune femme que j’ai retrouvée à Knoxville. Je l’ai ramené au centre et elle a subit une séance d’hypnose. Elle a fait ce portrait. Serait-tu à présent en mesure de voir s’il correspond à la tête du bourreau?
-= Je vais voir car si mes souvenirs sont exactes il portait bien une cagoule?
-= Oui. Mais j’espèrais que tu pourrais peut-être l’as retirer.
-= L’as retirer non. Par contre, on vas déjà isoler la « photo » de sa tête. Voilà qui est fait. A présent donne moi le portrait. Je le scanne, c’est fait. Enfin, je vais utiliser le programme de comparaison des empruntes digitales pour voir s’il y a des points de concordance entre les deux têtes.
L’ordinateur place le portrait fait par Léa sur celui du bourreau cagoulé extrait de la vidéo. Puis des points de concordance apparaissent au fur et à mesure sur l’écran dessinant un schémas jaune. Le verdict tombe une minutes après: « Match! »
Henri: -= Tu as de la chance, tu teint le portrait de l’agresseur.
-= Super! Je te remercie. Bon je te laisse j’ai du pain sur la planche.
-= On dirais oui! Repasses quand tu veux, c’est toujours un plaisir de t’aider.
De retour dans mon bureau je scanne à mon le dessin sur mon ordinateur. Plus je regardes le dessin plus je sent que je connais vraiment cette personne… J’entre à présent le visage dans le fichier d’interpol.
Steve Marble né le 24 mai 1972 à Détroit. Mort avec les honneurs militaires en mission de reconnaissance en 2004 à Berlin à 32 ans.
Nous sommes en 2012, il aurait donc pile 40 ans. Aucun doute possible néanmoins sur la personne. Je poursuit donc mon investigation et je pénètre maintenant dans les fichiers de la C.I.A.
Karl Kruger, 40 ans agent d’infiltration en activité. Adresse: 34 waterfall walk Détroit même l’adresse n’as pas changé. Cette fois j’en suis certaine, il s’agit bien de mon instructeur! Comment est-ce possible qu’il soit mêlé à cette histoire de viol? Invraissemblable lorsque l’on connaît le personnage! Je ne vois qu’un seul moyen de savoir: « Aller lui rendre une petite visite de courtoisie ».
Lorsque j’ai réussi la téléportation Monsieur Kruger vint me rencontrer pour me proposer de devenir agent de terrain toujours pour le compte de la C.I.A. Il fut mon instructeur pendant deux ans ce qui créé forcément des liens. Nous avons même eu une liaison qui ne dura pas très longtemps du fait de notre différence d’âge. Malgré tout il est resté pour moi l’un de mes meilleurs amants et je conserve de lui de très bons souvenirs. Karl est devenu par la suite une sorte de père pour moi prenant toujours soin de savoir ce que je devenais lorsque je suis devenue autonome. Enfin, nos chemins se sont définitivement séparés lorsque j’ai quitté la C.I.A pour intégrer l’agence pour laquelle je travaille à présent.
Le lendemain soir, je suis assise sur le canapé dans le salon de Karl. Je suis entré sans difficulté dans sa maison après avoir simplement chuinté le système d’alarme. Je commence à trouver le temps long. Cela fait environ deux heures que j’attend qu’il rentre. Pour passer le temps, j’ai retirer le chargeur de mon pistolet et je joue avec sa culasse et une balle que j’ai gardé. Je l’as fait monter puis je l’as retire. Je sais que ce n’est pas bon pour le ressort qui chauffe mais ça me détend! Je me lève, marre d’attendre. Je repasserais demain! Je m’aprète à partir lorsqu’ enfin j’entend une clé tourner dans la serrure. J’attrape le chargeur de mon arme sur la table basse et je l’as recharge. Enfin je pointe le pistolet en direction de l’entrée.
D’emblée ce que je trouve marrant c’est la surprise qui se lit sur son visage lorsqu’il m’aperçoit. Les cours me reviennent en mémoire: « Ne pas tenter de s’enfuir devant une personne qui vous braque d’une arme ». En vrai professionnel qu’il est il reste calme et détendu. Karl entre et accroche son par-dessus au porte manteau.
-= Je ne pensais pas que je te manquerais à ce point! Bon, visiblement tu n’est pas venue pour ça. Qu’est-ce-qui me vaut le plaisir de ta visite?
-= Ceci.
A l’aide de la télécommande je met en marche le téléviseur et le lecteur D.V.D. Le film défile. Karl s’assied. Au départ stoïke je le vois se décomposer au fur et à mesure que le film avance. A la fin je voit son visage littéralement se « liquéfier ».
-= Eh! Mais on dirais que c’est moi là! Comment c’est possible?
-= A toi de me le dire. Cette vidéo est celle du viol de sœur Catherine envoyée au Vatican accompagnée de la croix de son ordre. Crois-moi ils ont pris l’affaire très au sérieux! J’enquète depuis et je suis remonté jusqu’à toi. Tu peux m’expliquer?
-= C’est un montage vidéo voilà ce que c’est.
-= J’y ai bien pensé mais malheureusement pour toi le film est tout ce qu’il y a de plus authentique, je l’ai fait analyser avant de venir. Trouves très vite autre chose car pour l’instant tu es ma seule piste.
-= A mon avis ça a rapport avec l’affaire sur laquelle je travaille actuellement.
-= On t’as remis sur le terrain?
Karl: -= Oui, depuis le nombre croissant d’affaires impliquant la C.I.A, il est de plus en plus difficile de trouver des personnes désireuses de travailler pour nous donc on remet en service des vieux comme moi.
-= Sur quoi travailles-tu?
-= Je ne suis plus affecté aux « lourdes tâches ». On m’as refilé une affaire pourrie: Surveiller les activités de vieux milliardaires qui sont suspectés de trafic de cocaïne et de blanchiment d’argent. Ils voyagent énormément entre les États Unis et l’Amérique du Sud. J’ai découvert de quoi il s’agissait réellement. Cela n’as strictement rien à voir avec un simple trafic de drogue. Je me suis fait passer pour un vieux milliardaire ayant fait fortune dans la chaussure mais apparemment ils m’ont démasqué. La preuve en est cette abjecte vidéo me mettant en scène, qui plus est avec une bonne sœur! En faisant cela ils ont due s’imaginer que la compagnie chercherait à vite étouffer l’affaire en me faisant disparaître. Du coup ils auraient retrouvé la tranquillité dans leurs affaires.
-= Admettons que je te crois pour le film. Qu’est-ce-qui pousse ces personnes à voyager si souvent et à vouloir t’évincer de leurs affaires?
-= Tu te doute bien que je ne peut pas t’en dire plus sachant que tu ne fait plus partie de la compagnie! D’ailleurs pour qui travailles-tu à présent?
-= Ma « compagnie » n’as pas d’existence légale donc n’as aucun compte à rendre au pays. Par conséquent elle n’as pas de sigle.
Karl: -= Et pourquoi je te croirais?
-= Je te rappelle que c’est moi qui tient le pistolet.
-= Tout juste! Voilà ce que je te propose, demain je vais au Mexique pour mon enquête. Si tu veux tu m’accompagne, comme ça tu pourras remonter aux sources du film. Qu’est ce que tu en pense?
-= Et comment puis-je avoir confiance?
-= La confiance marcheras dans les deux sens puisque tu n’as aucune preuve à m’apporter concernant l’existence de ton patron.
-= C’est d’accord, je t’accompagne ça me rappelleras le bon vieux temps où nous travaillions ensembles. Par contre c’est moi qui m’occupe d’organiser le voyage puisque tu ne sais pas d’où viens la fuite sur ton identité.
Nous arrivons à 13h45 à bord d’un jet privé à Mexico. Un sombrero vissé sur la tête, Youri vient nous accueillir.
Karl: -= C’est quoi ça? Plus discret tu meurt!
C’est vrai que malgré sa tenue décontractée: Jeans rappiécié, santiags usées et un collier de fleurs au cou, rien ne dissimule sa carrure de gymnaste accompli. Dur de croire qu’il s’agisse d’un simple touriste! Plus l’allure d’ un homme de main de la mafia avec son attaché-case noir à la main qui dissimule en fait un pistolet mitrailleur.
Ne sachant quoi lui dire tellement il a raison, j’ironise: -= Que veux-tu, l’art du camouflage se perd!
Youri retire ses lunettes de soleil: -= Vous avez fait bon voyage?
-= Oui, ça va. Tu as eu le temps de préparer notre petite excursion?
-= C’est sans problème! Tout est près mais c’est pour quand?
-= On ne sait pas encore mais en attendant on peut déjà profiter du pays.
-= O.k c’est cool, suivez-moi.
Karl: -= De mieux en mieux!
Un Humer nous attends garé devant l’aéroport. Igor en descend en tenue de camouflage: Un tee-shirt vert kaki manches courtes, un pantalon de treillis et pour finir le tableau une plaque de G.I autour du cou! Là, j’éclate d’un grand fou rire.
-= Excuses-moi Karl, c’est nerveux. Apparemment l’art du « camouflage » n’est pas leur fort.
-= Il aurais aussi bien fait de s’accrocher une pancarte dans la dos!
Une demi heure après nous arrivons à l’hôtel.
-= J’ai pris soin de réserver une grande suite avec quatre lits.
La suite est vraiment immense. Mes trois amants se comportent en vrai gentlemans avec moi. Il n’y a aucune compétition masculine entre eux, sûrement parce qu’ils sont en nombre impair. Je suis aux petits soins.
Karl sort de sa valise un petit ordinateur portable qu’il dépose sur la table basse du bar. Je m’approche de lui.
-= Je vais essayer de trouver un réseau wifi. Voilà j’en ai « accroché » un, il ne reste plus qu’à me connecter. Je vais lancer un programme qui va trouver la clé d’accès et me permettre de l’utiliser.
Igor: -= Que veux-tu boire Alicia?
-= Un scotch sans glace s’il te plait.
-= Tout le monde veut la même chose?
Comme personne ne semble s’intéresser à lui il sert quatre verre de scotch.
Karl: -= Je crois que cette fois c’est bon!
Il décroche ensuite un petit combiné téléphonique accroché à l’ordinateur.
-= C’est gratuit et en plus c’est quasiment impossible à repérer. Allo Carlos, c’est Karl. Je viens aux nouvelles.
Carlos: -= Salut Karl, tu fait bien de m’appeler car il y a du mouvement là haut. Je me suis rencardé. C’est pour demain.
-= Ok je te remercie. Salut. Carlos est mon indic. A la base c’est un agent infiltré de la D.E.A mais il n’est pas contre faire « un petit extra » en échange d’un service. Il doit y avoir une cérémonie Maya demain à la cité de Chichen Itza.
-= Une cérémonie Maya à notre époque tu veux rire?
-= Non, pas du tout. Vous croyez que vous pourriez obtenir un hélicoptère pou demain matin?
-= Oui rien de plus facile, avec un peu d’argent tout s’obtient au Mexique. Mais qu’est ce que tu compte en faire?
-= Le mieux est que nous y allions seuls tous les deux. Je ne tiens effectivement pas à attirer l’attention sur nous. L’avantage de l’hélicoptère est de pouvoir voler sous le contrôle radar pour sauter en parachute à proximité de la cité.
Je me tourne vers mes deux molosses:
-= Je vais devoir vous laisser ici. Igor, tu peux nous emmener?
Youri: -= On peut vous emmener mais le problème c’est la jungle. Igor va devoir vous lâcher au dessus d’une clairière. Je vais regarder sur une carte satellite, je peut utiliser votre ordinateur Karl?
-= Oui oui allez y.
Youri se connecte au satellite de notre agence.
-= Alors, le plus près de la cité est une clairière, là, regardez!
Il zoom sur l’image.
-= Ce sont des bûcherons néanmoins cette nuit ce sera désert, c’est l’endroit rêvé pour votre atterrissage.
Le lendemain matin nous survolons la dense forêt équatoriale à bord de l’hélicoptère. Au bout d’une demi heure de vol:
Igor: -= C’est bon, vous pouvez sauter!
Je me jette la première dans les airs. Mon compagnon saute juste après moi.
Je sent le vent fouetter mon visage. Plus nous descendons et plus l’air se réchauffe. La descente est de courte durée car Igor nous as lâché le plus bas possible afin de ne pas nous faire repérer. Au bout de trente secondes, je touche enfin le sol. Karl a moins de chance et fini sa course dans un arbre. Heureusement pour lui, il s’agit d’un petit arbre marqué d’une croix donc trop jeune pour être abattu. Je retire mon parachute puis je me rend au pied de l’arbre.
-= Alors, on a raté son entrée?
-= Ne m’en parle pas! Je crois que j’ai perdu la main depuis le temps. Tu peux m’aider à redescendre?
-= Avec plaisir.
Je remonte ma manche droite et saisis mon couteau de bras puis je grimpe à l’arbre.
-= Attention je coupe!
Je sectionne d’un coup la corde coincée dans la branche. Mon compagnon retombe de quatre mètres sur ses pieds sans dommage. Nous mettons en boule chaque parachute et je les dissimule dans les broussailles. Alors que je me relève il s’écrie:
-= Alicia, là, sur ton épaule!
A peine un regard jeté à mon épaule que j’envoie promener d’un revers de la main une énorme mygale.
J’hurle: -= Saloperie de bestiole!
Karl sort son pistolet pour la tuer et il vise.
-= Non Karl! Tu vas attirer l’attention sur nous!
-= Tu as raison, c’est que j’ai horreur des araignées. La nuit commence à tomber, mettons nous en chemin.
-= J’espère que tu sais où on vas car j’ai pas envie de passer la nuit dans cet enfer vert!
Cette forêt, la nuit devient effectivement encore plus inhospitalière que le jour. Au fur et à mesure de notre progression c’est surtout les bruits de branches cassées et les cris d’animaux en tout genre qui sont les plus dur à supporter. Une impression d’être constamment observé s’insinue en chacun de nous.
Karl: -= T’inquiètes pas, j’ai cette sorte de G.P.S de brousse relié par satellite, on ne devrait d’ailleurs pas tarder à arriver à un cénoté.
Effectivement, nous arrivons à une sorte de puit, une réserve d’eau naturelle.
Mon compagnon allume une torche à phosphore. Un magnifique spectacle s’offre à nos yeux: Un grand bassin d’eau bordé d’une splendide végétation planté dans un décor idyllique! L’endroit est emprunt d’un calme serein.
-= Ouah, je n’en revient pas qu’il subsiste un tel Paradis dans cet enfer!
Karl: -= Ne te fie surtout pas aux apparences; Au temps des Mayas, dès le levé du matin les habitants aux alentours balançaient des enfants dans ce cénoté. Si à midi ils vivaient encore ils étaient repêchés et devenaient des oracles.
-= Et ben, c’est gai! Qu’est ce que nous sommes sensés faire ici?
-= Sous ce cénoté il y a un passage secret qui mène directement dans la pyramide Le Castillot. Nous allons l’emprunter afin de gagner du temps et pour éviter les gardes éventuels car c’est là, demain, que vas avoir lieu la cérémonie Maya.
-= De quelle cérémonie s’agit-il?
Karl: -= Attends demain et tu sauras. Si je te le dit tu ne me croirais pas de toute façon alors autant que tu voies par toi-même!
Je passe un maillot de bain et je charge une bouteille d’oxygène sur mon dos. Je sent son regard se poser sur moi. Il détourne les yeux lorsque je me tourne vers lui. Je le sent gêné. Pour détendre l’atmosphère je lui dit:
-= Arrête de mater vieux cochon!
-= Tu disais pas ça il n’y a pas si longtemps.
-= C’est vrai. On y vas?
Karl: -= Oui, c’est partit.
Nous plongeons l’un après l’autre puis nous nageons côte à côte. Nous descendons jusqu’au fond du puit et progressons toujours dans la même direction jusqu’à ce que quelque chose attire mon attention. Je me retourne et donne un faisceau lumineux de ma lampe torche, là où je suis déjà passée. Comme Karl l’avait dit, des dizaines de squelettes tapissent le fond du cénoté. Il me fait à présent signe de l’index gauche de regarder devant moi. Un passage se dessine dont le spectre de sa lampe fait apparaître un escalier. Seul problème de taille: Une large grille aux barreaux épais nous en empêche l’accès. Je fait signe à Karl de reculer. Je sort un pain de plastique, programme le détonateur puis m’éloigne le plus possible. Au moment où je m’abrite derrière un rocher une grosse onde de choc vient me heurter de plein fouet. Je me retrouve projetée contre la paroi puis je perd connaissance. Lorsque je me réveille Karl est au dessus de moi. Nous sommes dans une salle immense dont les murs de pierres sont recouverts de mousse et de symboles.
Karl: -= Enfin tu reviens à toi, tu peux dire que tu m’as filé une sacré frousse! J’ai due te sortir de l’eau et j’ai réussi à nous traîner jusqu’ici.
Pour le remercier je l’embrasse à pleine bouche. Baiser qu’il me rend sans attendre. Il sort ensuite un drap de bain de son sac amphibie et me frictionne le dos afin que je me réchauffe.
-= J’ai due sous-estimer la puissance de la charge!
Karl: -= C’est pas grave, nous allons manger là puis nous monterons ensuite à la pyramide pour trouver une cachette jusqu’à demain matin.
Je sort de mon sac un réchaud, les steaks et une bonne bouteille de vin avec deux gobelets.
-= Ce ne seras pas un vrai dîner aux chandelles mais c’est mieux que rien!
Karl: -= Du moment que je partage un moment avec toi c’est le principal.